Rechercher

LA PSYCHO-NEURO-ENDOCRINO-IMMUNOLOGIE

Mis à jour : 26 oct. 2020



Dans les années 1980, Robert Ader participe à “inventer” un nouveau domaine de recherche qu’il baptise : Psycho-Neuro-Endocrino-Immunologie.

L’objet de ces études est de montrer quels liens existent entre la psychologie, la neurologie, l’endocrinologie et l’immunologie.


Depuis Platon, Descartes et la philosophie universitaire traditionnelle, en Occident, il est coutume de séparer l’esprit du corps et l’âme du cerveau. La psyché a été arbitrairement séparée de la biologie.

Pourtant la dimension psychologique fait partie intégrante des processus de santé.


Depuis des dizaines d’années on pensait que les émotions et les phénomènes psychiques avaient une influence sur les fonctions corporelles, mais personne ne savait comment cela était possible.


Grâce à la découverte des neuro-hormones du cerveau (Pr R.Guillemin, prix Nobel de médecine 1977), le dogme cartésien vole en éclat. La connexion corps-esprit est établie.


C’est une nouvelle image de l’humain qui se dessine.Il apparaît désormais comme une entité globale, intégrée.


Afin de comprendre ensemble, ce domaine de recherche, il faut s’intéresser au processus de santé lui-même.


La santé est définie par l’OMS (l’organisation mondiale de la santé), comme “un état complet de bien être physique, moral, et social et pas seulement comme l’absence de maladie et d’infirmité.”


La maladie, quant à elle, se définit par un dysfonctionnement d’un organisme, caractérisé par différents symptômes et une certaine évolution dans le temps.


La plupart des maladies sont multifactorielles et leur occurrence dépend de l’environnement, du vécu de l’individu, mais aussi des prédispositions que lui confère son patrimoine génétique.


Le maintien de l’homéostasie (équilibre interne de l’organisme) est assuré par trois grands systèmes de communication et d’intégration : les systèmes nerveux central et autonome, endocrinien et immunitaire.


Ces trois systèmes ont longtemps été considérés comme indépendants, mais les neurosciences nous amènent à réviser ce propos et montrent qu’ils communiquent entre eux de façon très précise.


Dés lors il faut envisager la relation entre psychisme, système neuro-endocrinien et système immunitaire comme unitaire, en un réseau intégré.


Lorsqu’il fonctionne harmonieusement il assure le bien-être psychosomatique.


Un déséquilibre de ce réseau intégré va se traduire par l’apparition de maladies psychosomatiques.


Comment s'établit la communication entre les différents systèmes ?


La communication entre les systèmes est orchestrée par des messagers chimiques qui transmettent l'information. Il s'établit ainsi un dialogue entre les cellules, les organes et les tissus dans un langage biologique commun. Les informations sont véhiculées par voie sanguine et/ou nerveuse afin de maintenir le fonctionnement optimal de l'organisme :

  • Le système nerveux utilise une transmission de signaux de type électrique et des neurotransmetteurs ;

  • Le système endocrinien utilise des molécules signal ; les hormones qui circulent et transmettent des signaux spécifiques à distance à leur organe cible ;

  • Le système immunitaire transmet des messages grâce à des cellules qui circulent dans l’organisme et produisent localement des molécules actives des cytokines et des anticorps.

Ainsi ces trois unités sont étroitement interactives et il a pu être mis en évidence :

  • des relations entre la vie psychique et les défenses immunitaires,

  • l'influence du psychisme sur le système endocrinien,

  • et que les cellules immunitaires présentent toutes les conditions qui leur permettent d'être sensibles à l'influence du cerveau et des hormones.

Il s'agit d'un concept dynamique qui permet des modes multiples et variables de communication entre les systèmes.


C'est pourquoi le stress et les états émotionnels affectent significativement la fonction immunitaire et peuvent provoquer des changements physiques et psychologiques


Nous savons aujourd'hui que 80% des informations vont du corps vers le cerveau et seulement 20 % vont du cerveau vers le corps. Ce n'est pas la tête qui pilote mais le corps !

Nos sensations corporelles déterminent nos pensées et nos émotions qui influencent à leur tour notre métabolisme. On parle de toxicité émotionnelle.


Sensations corporelles >>> Emotions >>> Effets sur notre physiologie


Notons également que les aliments que nous ingérons sont des informations que nous apportons à notre corps, d'où l'importance d'une alimentation de qualité. "Nous sommes ce que nous mangeons " . (cf. article psycho-neuro-nutrition)


Par quelle voie les informations sont-elles acheminées ?


La plus grande voie de communication est constituée par le nerf vague (cf.article). C'est l'axe intestin-cerveau.


L'intestin est le siège du système immunitaire, il héberge 70% des nos cellules de défenses et 90% des neurotransmetteurs y sont fabriqués par les micro-organismes que nous hébergeons : notre microbiote. Il est constitué de 100 000 milliards de bactéries qui dialoguent en permanence avec notre cerveau.


Le microbiote réside à l'interface entre notre intestin et notre système nerveux et fait le lien entre notre bien-être physique et mental. Ce sont ces interactions entre le microbiote et le cerveau qui peuvent affecter nos émotions fondamentales, nos relations sociales et même notre capacité à prendre des décisions. Ce qui veut dire qu'un bon équilibre du microbiote est la condition sine qua non à notre santé mentale. Une altération du lien entre l'intestin et le cerveau peut favoriser les troubles neurologiques chroniques.


Certaines bactéries de notre intestin ont un lien direct avec notre système nerveux central, et la régulation de la production de la sérotonine, un neurotransmetteur qui contrôle le sommeil, la faim et l'humeur.


Des études montrent qu'une dysbiose intestinale, une altération du microbiote, peut changer le comportement, l'énergie, la mémoire, favoriser une dépression, peut conduire à l'obésité, au diabète, à des intolérances alimentaires, et à l'apparition de maladies auto-immunes.


La tâche de l’intervention naturopathique sera de favoriser la restauration de la communication équilibrée entre les trois systèmes, sur le plan somatique et sur le plan psychique. C'est une approche holistique c’est à dire une vision globale de l'être humain en considérant l'individu comme une unité plutôt que la somme de ses éléments constitutifs.


Il est possible d'agir avec efficacité sur cette relation essentielle qui gouverne notre santé dans sa globalité.


Pascale Faivre, naturopathe de base scientifique, formatrice et auteure.



Source : Spleen ou Stress, Compréhension du stress par la psycho-neuro-endocrino-immunologie, Pascale Faivre, éditions Amyris, 2016.