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Prévenir ou atténuer la dépression grâce à la psycho-neuro-nutrition


Sommes-nous réellement ce que nous mangeons ? Quand la dépression ne se passe pas que dans notre tête. 

Cet article met en lumière les mystères des liens entre notre corps et notre esprit.


1 personne sur 5 souffre de dépression au moins une fois dans sa vie.

Ce trouble psychique aurait une origine biologique.

Le problème avec la dépression c’est qu’un tiers des patients ne répondent pas aux antidépresseurs classiques.

L’hypothèse des scientifiques est qu’il pourrait s’agir de personnes dont l’organisme présente un niveau d’inflammation élevée.


Inflammation et dépression


Le système immunitaire pourrait-il jouer un rôle dans l’apparition de la dépression ?

Un dérèglement du système immunitaire agirait sur notre état émotionnel et notre cerveau. On a longtemps pensé que le système immunitaire n’exerçait aucune influence sur le cerveau et qu’il ne communiquait pas avec lui. Mais depuis les années 90 on sait que ce n’est pas le cas. 

En réalité, le système immunitaire dispose de nombreux moyens par lesquels il peut réguler la fonction cérébrale. 

Très récemment, des chercheurs ont fait une découverte importante qui ne figure pas encore dans les manuels de médecine.

Ils ont découvert la présence de très petits vaisseaux que l’on appelle des capillaires entre le cerveau et la périphérie du corps. (Pr George M. Salvich, de l’université de Californie de Los Angeles, UCLA). Cela signifie que dorénavant il ne faut plus considérer le cerveau et le système immunitaire comme deux entités distinctes car on sait maintenant qu’ils sont reliés entre eux.

Cette découverte apporte une preuve supplémentaire du lien qui existe entre souffrance physique et psychologique.


Le stress chronique


Quels liens pourrait-on établir entre le stress, l’alimentation et la dépression ?

Le stress peut être à l’origine d’un dérèglement immunitaire provoquant l’inflammation. Lorsqu’on expose un individu, placé dans un IRM, a une expérience de stress social, on voit que certaines régions du cerveau qui s’activent sont les mêmes que celles activées lorsqu’on expose un individu à une douleur physique comme la chaleur par exemple.

Il semblerait même que non seulement, notre mode de vie mais également notre façon de percevoir le monde puisse influer sur le processus inflammatoire.

En focalisant notre attention sur des situations stressantes et négatives on se plongerait soi-même dans un état de stress chronique.


Si le stress est facteur d’inflammation et que l’inflammation est facteur de dépression, ne pourrait-on pas aider les personnes à modifier leur mode de vie afin d’inverser le processus ?


L’alimentation


Nos nouveaux modes alimentaires sont un facteur à risque de dépression en provoquant une inflammation intestinale.

Si on fait attention à ce que l’on mange et qu’on adopte un régime alimentaire équilibré tout au long sa vie, ça aurait très probablement un effet sur la flore microbienne de l’intestin. Cela permettra par exemple d’agir sur le niveau de l’inflammation.

Ça fonctionne dans les deux sens. On peut aggraver mais également atténuer la dépression en agissant sur le corps.

A partir de là, on peut imaginer tout un tas de traitements autres que les médicaments. Par exemple, un changement de mode vie ou d’habitudes alimentaires. On agit sur la dépression en agissant sur le corps.


La Connexion intestin-cerveau


Depuis de nombreuses années, les chercheurs essayent de décrypter les différentes facettes de la dépression mais elles restent difficiles à cerner.

Certains facteurs suspectés de favoriser la maladie attirent depuis l’attention des scientifiques, par exemple notre système digestif. Cette piste fait actuellement l’objet de recherche à l’UCLA.

Emeran Mayer, gastro-entérologue et neurologue rencontre souvent des patients souffrants non seulement de troubles intestinaux mais aussi de dépression.

Les deux affections pourraient-elles être corrélées ?


L’intestin entretient des relations étroites avec notre système immunitaire puisque le système digestif, en contact direct avec la flore digestive et le microbiote, concentre 70 à 80 % du système immunitaire.

Une amélioration des symptômes dépressifs est du moins observée chez des sujets ayant changé de régime alimentaire ou pris un traitement pour l’inflammation de l’intestin.

Selon Emeran Mayer, l’intestin n’influence pas seulement le système immunitaire mais aussi notre cerveau car l’un et l’autre communique ensemble.


Le ventre, notre deuxième cerveau


L’intestin possède son propre système nerveux appelé système nerveux entérique (SNE). Celui-ci s’organise en un réseau dense de 500 millions de cellules nerveuses distribuées le long du tube digestif. Ce positionnement central du SNE, en contact à la fois avec le milieu extérieur et le milieu intérieur, lui confère une place de choix dans un grand nombre de fonctions de régulation. La transmission des informations se fait par les mêmes messagers que ceux du cerveau ; des neurotransmetteurs tels que la sérotonine (hormone du bien-être), la dopamine (hormone de la motivation) et des molécules inflammatoires.

Par exemple, le stress ressenti par le SNE agit directement sur la muqueuse intestinale, provoquant la sécrétion de sérotonine, neurotransmetteur impliqué dans divers désordres psychiatriques (anxiété, dépression, agressivité, stress, sommeil, etc.) et produit à 95 % par les cellules nerveuses de l’intestin, qui agit ensuite sur notre cerveau.


En cas d’inflammation dans l’intestin, l’information est transmise par voie sanguine jusqu’au cerveau, lequel peut à son tour déclencher une inflammation. L’information est acheminée par le nerf vague qui s’étend du crâne jusqu’à l’abdomen. Elle atteint une zone précise du cerveau impliquée dans la régulation des émotions ; le système limbique.


Le microbiote intestinal et le langage microbien


Des milliers de milliards de micro-organismes peuplent nos intestins. Quels impacts ont-ils sur la communication entre le cerveau et l’intestin ?

Une question à laquelle les chercheurs tentent de répondre. Une seule certitude, sans eux, l’homme ne pourrait pas vivre.

Ils facilitent la digestion, stimulent le système immunitaire, produisent des vitamines, des hormones et des neurotransmetteurs.

En fait, ces neurotransmetteurs sont le langage biologique complexe et universel employé par les milliers de milliards de bactéries logées dans notre intestin pour communiquer avec notre système digestif et aussi notre cerveau.


Comment les quelques mille espèces de bactéries qui colonisent notre intestin influencent-elles notre cerveau ?

Selon Emeran Mayer, une perturbation du microbiote intestinal pourrait avoir de graves conséquences sur nos fonctions cérébrales.

De nouveaux modes alimentaires axés sur la restauration rapide pourraient en partie expliquer la prolifération de certaines mauvaises bactéries dans notre organisme.

Consommés en abondance, les aliments industriels, les graisses animales, le sucre, les émulsifiants et autres additifs augmentent le nombre de certaines bactéries notamment impliquées dans les réactions inflammatoires. 

De plus, la viande produite industriellement comporte un autre facteurs de risque ; les antibiotiques.

Il est fort possible que la persistance d’une inflammation s’explique par le fait que nous consommons des antibiotiques tout au long de notre vie. Non seulement lorsque nous sommes malade mais aussi à travers les aliments tels que le poulet, les crevettes ou le boeuf. Les éleveurs leurs administrent de fortes doses d’antibiotiques et lorsque nous les mangeons, ils contiennent encore des résidus. Nombre d’entre nous consomment de faibles doses d’antibiotiques tout au long de leur vie, ce qui a probablement des effets non négligeables sur la diversité microbienne de nos intestins.


Une perturbation de ce fragile équilibre microbien peut entraîner des inflammations chroniques et une infection de la muqueuse intestinale.

L’intestin est dans un état pro-inflammatoire, il est plus perméable, ce qui permet à un grand nombre de molécules inflammatoires de pénétrer dans le système immunitaire et de l’activer. 

Certaines maladies telle que la dépression pourrait donc être favorisée par un régime alimentaire inadapté.


La clé : La psycho-neuro-nutrition


La psycho-neuro-nutrition est une discipline issue des neurosciences, de la nutrition, de la psychologie et de l’étude des comportements alimentaires.

Nous savons que notre santé commence dans l’assiette, mais ce qui est récent, c’est que c’est valable aussi pour notre cerveau.

La pratique de la psycho-neuro-nutrition conjugue ainsi les connaissances scientifiques récentes sur les bons aliments qui nourrissent notre cerveau et des habitudes alimentaires qui favorisent notre mieux-être.


« Nous sommes ce que nous mangeons » dit le dicton !


Bien se nourrir n’est pas toujours simple et pourtant ce n’est qu’avec une alimentation saine et équilibrée que les bonnes bactéries de l’intestin peuvent survivre.

Si nous adoptons un régime alimentaire équilibré tout au long de notre vie, cela aura un effet sur la flore microbienne de l’intestin. Cela permettra d’agir sur le niveau d’inflammation.


Grâce à la psycho-neuro-nutrition, il est possible d’agir pour booster notre cerveau, réguler notre humeur et surtout prévenir les maladies neuro-dégénératives, l’anxiété, la dépression, les maux de têtes chroniques, les troubles de l’attention et de la concentration, l’insomnie et la cerise sur le gâteau ;  perdre du poids sans régime.

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Pascale FAIVRE, sophrologue et naturopathe, fondatrice et formatrice IANEVA


Sources : 

Dr Emeran Mayer, La connexion cerveau intestin, editions Tredaniel, 2017

Alexandra Gros, Aux frontières du cerveau, Le journal du CNRS,14.02.2017

Documentaire ARTE Sciences, Médecine et santé, La dépression: De nouveaux espoirs, 20.01.2020

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